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Arthur STEIN
27 février 1997    -    6 août 2005




Intention lue par le Staff

Une vie trop courte, mais bien remplie
Pleine de joie et pleine d'amis
Pleine de rires et d'espiègleries
Toujours partant et tellement gentil !
La seule chose qui nous réjouit,
C'est qu'un jour on te reverra au Paradis !

Fredo - Oli - Alex - Vio - Xavier - Sara


Homélie de notre Aumônier,
François Philips sj, dit "Père Faon"
lors des funérailles d'Arthur.

Chers amis,

Quand Jésus adresse ces paroles à Ses disciples "Ne soyez pas bouleversés : je suis la Vie !" Jean 14:1-6), ils savent qu'ils vont perdre un ami, qu'ils fréquentent depuis trois ans, qu'ils ont appris à connaître et à aimer. Bien plus : c'était leur Maître, leur guide, la lumière de leur vie, qui lui donnait son sens. Ils sont bouleversés.

Nous sommes tous bouleversés. Arthur était la joie de ses parents, avec qui il entretenait une grande complicité. Il était le petit frère aimé de ses aînés, entouré par eux jusqu’au bout; un copain de classe très généreux, toujours à rendre service, à s’occuper des petits. Chez les Scouts, nous le connaissions depuis trois ans aussi, comme Castor ou baladin.

Quel regard pétillant ! Un garçon débordant de vie, taquin (il me surnommait «Père Eléphant» au lieu de «Père Faon» et entraînait les autres Castors à faire de même !), ouvert aux autres, un petit leader ! Passionné de football, d’Anderlecht en particulier ! Nous avons encore joué avec lui au camp, il y a un mois...

Qui ne serait bouleversé ? Devant un tel malheur, ma prière, notre prière, est d’abord un cri, comme on en trouve dans plusieurs psaumes de la Bible (Psaume 88 p.ex.) : «Seigneur, vois notre malheur !» ou bien elle rejoint ces mots que la Tradition prête à la Vierge Marie qui voit son Fils mourir en croix : «Passant, regarde s’il est une peine semblable à la mienne !...» (Stabat mater dolorosa).

Et voilà que Jésus nous dit : «Ne soyez pas bouleversés, faites-moi confiance. Je suis allé vous préparer une place, car j’ai déjà fait l’aller et le retour !». L’amour de Dieu a été plus fort que la souffrance et que la mort elle-même. Elle n’a plus le dernier mot, malgré les apparences .

Déjà humainement, nous ne pouvons pas croire que toute cette affection, toute cette amitié, donnée et partagée, meure à tout jamais. «Le plus pur de notre amour, le plus lumineux de notre amitié est semence d’éternité». Et la foi nous dit que, bien loin de disparaître, tout ce trésor du coeur humain s’épanouit en Dieu, source de tout amour vrai, au-delà de la mort.

Ce que nous disait déjà la première lecture : «Si c’était un départ pour un nouveau voyage, un passage s’ouvrant sur d’autres paysages, une graine germant dans une terre nouvelle ?» Par le choix généreux du don d’organes que les parents d’Arthur ont fait, déjà sa mort donne la vie à d’autres enfants.

Plus profondément nous croyons qu’en Dieu, source de Vie et l’Amour plus forts que tout, Arthur vit, d’une autre manière bien sûr, caché à nos yeux, mais continuant à nous accompagner de son bon sourire et pouvant nous aider à continuer notre route.

(Le père Faon lit ici le texte qui se trouve dans l’encadré juste en-dessous de celui-ci : un extrait d'«Oscar et la Dame Rose», d'Eric-Emmanuel SCHMITT)

Jésus compare le ciel à une grande table familiale, où chacun(e) trouve une place de choix, car nous sommes tous uniques aux yeux de notre Père des Cieux, qui veut tous nous rassembler un jour dans la lumière de Son Amour infini.

Et l’apôtre Thomas exprime bien notre scepticisme, notre doute : «Seigneur, c’est bien joli, mais nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin ?» Où nous tourner pour voir plus clair ? A qui faire confiance pour ces réalités de foi ? Et Jésus de répondre : «Je suis le chemin, Je suis la vie !» Faites confiance non pas à une idée, à une théorie, mais à une personne, et une personne qui s’est montrée vivante à Ses apôtres après Sa résurrection, celui que la Bible appelle : «le Premier-Né d’entre les morts», pour nous entraîner à Sa suite, dans la vraie Vie qui ne finit pas.

C’est dans cette lumière que nous pouvons entendre Arthur nous dire, comme "le Petit Prince", dans la suite de la deuxième lecture : «Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une des étoiles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles... Tu seras content de m’avoir connu. Tu seras toujours mon ami. Tu auras envie de rire avec moi. Et tu ouvriras parfois ta fenêtre, comme ça, pour le plaisir...»

Seigneur, merci de nous avoir donné Arthur. Nous croyons - ou voulons croire - qu’il continue à veiller sur nous et à nous entourer de son affection et de son amitié. Il est peut-être maintenant centre-avant ou attaquant dans le Football Club des Anges !... Que Ton Esprit Consolateur, «le Réconforteur», nous soutienne de Ta force et de Ton affection, et nous aide à vivre autrement notre communion avec Arthur.


Ne pleure pas si tu m'aimes...

Texte de saint Augustin d'Hippone,
lu par la maman d'Arthur

La mort n'est rien.
Je suis seulement passé de l'autre côté.
Je suis moi et tu es toi.
Ce que nous étions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m'as toujours donné.
Parle-moi comme tu l'as toujours fait.
N'emploie pas de ton différent.
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie, souris, pense à moi et prie pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
comme il l'a toujours été,
sans emphase d’aucune sorte et sans une trace d’ombre.
La vie signifie ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée simplement
parce que je suis hors de ta vue?
Non, je ne suis pas loin.
Juste de l'autre côté du chemin.
Tu vois, tout est bien.
Tu retrouveras mon coeur
et tu en retrouveras les tendresses épurées.
Alors, s'il te plaît, essuie tes larmes
et ne pleure pas si tu m'aimes.


Intention lue par
Mr Xavier PHILIPPI,

son instituteur, entouré de nombreux condisciples d'Arthur.

Texte en attente.


Oscar et la Dame Rose

Texte d'Eric-Emmanuel SCHMITT, racontant la rencontre entre Oscar, 10 ans, qui va mourir d'un cancer, et "Mamie Rose", une ancienne catcheuse, bénévole âgée qui vient le visiter. Elle lui suggère d'écrire à Dieu.

- Eh bien je ne crois pas au Père Noël mais je crois en Dieu. Voilà.
Evidemment, dit comme ça ça change tout.
- Et pourquoi est-ce que j'écrirais à Dieu ?
- Tu te sentirais moins seul.
- Moins seul avec quelqu'un qui n'existe pas ?
- Fais-le exister.
Elle s'est penchée vers moi.
-Chaque fois que tu croiras en lui, il existera un peu plus. Si tu persistes, il existera complètement. Alors, il te fera du bien.
- Qu'est-ce que je peux lui écrire ?
- Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s'incrustent, qui t'alourdissent, qui t'immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu ne parles pas.
- O.K.
- Et puis, à Dieu, tu peux lui demander une chose par jour.
Attention! Une seule.

- Il est nul, votre Dieu, Mamie-Rose. Aladin, il avait droit à trois voeux avec le génie de la lampe.
- Un voeu par jour, c'est mieux que trois dans une vie, non?
- O.K. Alors je peux tout lui commander ? Des jouets, des bonbons, une voiture...
- Non, Oscar. Dieu n'est pas le Père Noël. Tu ne peux lui demander que des choses de l'esprit.
- Exemple ?
- Exemple : du courage, de la patience, des éclaircissements.
- O.K. Je vois.
- Et tu peux aussi, Oscar, lui suggérer des faveurs pour les autres.
- Un voeu par jour, Mamie-Rose, faut pas déconner, je vais d'abord le garder pour moi !



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