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Préface du gardien des Légendes : Le premier texte est
dû à la plume de John BROCAL, An.U. (Animateur d'Unité, anc. Chef d'Unité) en 1997/98
et 1998/99, qui l'a rédigé à l'occasion du 80ème Anniversaire de l'Unité en
1999.
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Présentation de l'Unité (par l'A.U., John BROCAL, à
l'occasion du LXXXème Anniversaire de l'Unité) |
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En 1919, le Révérend Père Descampe et
Raoul Parent portent la Ière Unité Roi Albert sur les fonts baptismaux. Les cinq années
suivantes voient fondre les effectifs et s'estomper l' euphorie des débuts. En 1924,
quelques scouts soutenus par le Révérend Père Recteur Severin, et le Père J. Stevens,
aumônier plein d'entrain, lancent définitivement l' Unité du collège sur les voies du
scoutisme. En 1935, des petits louveteaux complètent les rangs. Plus récemment, en 1990,
l'Unité s'enrichit d'une nouvelle section, les "Castors". Les activités... Le programme de l'année s'équilibre entre
des réunions au Collège (de 14-18h), des "sorties" dans les bois (toute la
journée), des hikes (animation pendant un week-end) et le grand camp (une dizaine de
jours passés au grand air, 5 jours pour les Castors). |
Extrait du "MEMORIAL" du XXXème Anniversaire en 1949 : Origines
de la Troupe Roi Albert " LUnité scoute du Collège fut fondée en 1919 par le Révérend Père DESCAMPE et Monsieur Raoul PARENT, dans lapothéose de la victoire, au son des clairons, des tambours et des trompettes triomphantes ; elle prit un nom héroïque et clair dont elle a toujours été fière et quelle continue à vénérer pieusement. Cest lépoque où les scouts armés de bâtons font lexercice dans la cour du Collège, où leurs chapeaux au bord relevé leur donnent des allures de soldats australiens, où certains chefs défilent à cheval à la tête dune troupe de 150 garçons lors des cérémonies publiques. Malgré ces exagérations manifestes, la jeune troupe entreprend ses premiers camps : Dinant et Loverval en avril et septembre 1919, La Marlagne et Libin en avril et août 1920, Mielmont et le camp aux gants blancs du Jamboree National de Diest lannée suivante. Passage à vide Lenthousiasme des premières années ne dura guère des chefs trop rares ne pouvaient encadrer et former en profondeur une troupe trop nombreuse qui vit rapidement fondre ses effectifs. Cette épreuve qui extérieurement semblait une catastrophe fut en réalité, grâce à quelques-uns, un grand bien et la condition dun nouveau départ. Le "Redépart" Cest elle qui permit aux plus convaincus, aux plus solides, à ceux qui avaient le mieux compris le sens du scoutisme et lintention de Baden-Powell, dapurer progressivement leurs conceptions, de retourner aux sources, détudier et de pratiquer avec plus dattention " Le Livre des Eclaireurs ", cest elle qui façonna, au milieu de lindifférence hostile de beaucoup, la patrouille qui devait donner à lUnité Roi Albert sa véritable physionomie scoute. Comment aujourdhui ne pas saluer ceux, qui après avoir connu les fastes extérieurs de la Troupe de 1920, lui sont restés, dans la déroute, fidèlement attachés. Petit groupe compact dune patrouille à peine, objet des sarcasmes et des risées que leur valaient les exagérations antérieures, mais qui avaient compris que le scoutisme était autre chose de plus sérieux, de plus profond. Ce sont ces quelques scouts : Philippe Dulait, Pierre Van Geersdaele, Hubert Dulait, Henri Gailly, Albert Gailly, Emile Renard, André Gailly, qui présidèrent, en 1924, à la renaissance de la troupe. Le père Jacques STEVENS sj Mais ces jeunes garçons, sans lappui du Collège, sans un aumônier plein dentrain, ne pouvaient pas faire grand chose, quel que soit leur courage. Cet appui ils le trouvèrent chez le Révérend Père Recteur de lépoque le Père Severin qui leur donna un aumônier, le Père Jacques Stevens. Ce dernier, avec le chef de troupe Philippe Dulait, entreprit de tout reconstruire. Leur tâche nétait pas facile, lhostilité vis-à-vis du scoutisme était à lépoque presque générale et trouvait des arguments sérieux dans lexpérience précédente. Ils réussirent cependant. (*) En avril 1925, le camp de Namur voyait se réunir une troupe de trois patrouilles. Le départ était donné à nouveau, avec un esprit nouveau, une fraternité nouvelle, des traditions nouvelles qui lentement se formaient et vivaient parmi les scouts recrutés par le zèle du Père Stevens. Successivement les anciens prennent la direction de la troupe et des camps merveilleux se tiennent à Chiny, à Maredsous, à Groenenberg ; celui de Godinne voyait évoluer le burnou blanc de Valentin Brifaut, tandis que Pierre Van Geersdaele suivait avec sollicitude les premiers pas des jeunes tenderfoots quil venait daccueillir. Orval En août 1927, la troupe avec la jeune et toute riante patrouille des Cigognes, sinstallait à Orval et durant quinze jours, sattelait au dur travail du déblaiement des ruines. Avril 1928 vit la Troupe au Bruly où le commissaire Pierre Cambier fit la connaissance du scoutisme, où notre cuisinier vit son totem magnifique de Plume dAigle changé en celui de Plume Pudding. Charneuse et la lutte héroïque de la Troupe Roi Albert contre la Seconde dAnvers, le hike vers Bouillon, le vin rouge et la journée de repos à Rochehaut. Heer-Agimont et ses orages, la participation remarquable de la Troupe au Jamboree International de Birkenhaed en août 1929. Naissance du Clan La vie continue sans heurt ; des chefs et des aumôniers disparaissent, dautres vont fonder de nouvelles troupes un peu partout dans la région de Charleroi ; et de plus jeunes les remplacent avec des qualités et des défauts nouveaux, mais tous avec le désir de faire progresser dans la jeunesse, lesprit scout et lesprit chrétien. Peu à peu, depuis 1926, les chefs se sont groupés, et, après plusieurs camps passés à Orval à déblayer les ruines, ont formé le Clan de la Pioche : un vitrail, dans la chapelle dédiée à Notre-Dame des scouts en léglise abbatiale, rappelle ces pionniers. Les camps se succèdent... Et les camps se succèdent toujours ; Acoz et la totémisation du cher Furet au clair de lune. Profondeville, Tancrémont à la pluie abondante malgré la Vierge au moustiquaire, Boussu en Fagne et la recherche de lenfant Lindbergh, Jamblinnes ses pétromax et ses romanichels, Fairoul, son incendie nocturne, ses rots et le grand oiseau sabattant parmi les chaises de léglise, Assenais et le théâtre du Ramier superbe, Arville, Mirwart et ses oies blanches, Herbeumont et ses truites, Felenne, Silenrieux sous la neige et tant dautres endroits où les tentes de la Première furent plantées. Naissance de la Meute En 1935, par les soins du R.P. Masson et de Jean Henrard, une meute de Petits Loups vint rejoindre, dans les rangs de lUnité, les déjà nombreux scouts et les routiers. La guerre La guerre trouva la troupe prête, malgré ses chefs dispersés et son matériel évanoui ; lactivité se fit clandestine mais demeura efficace puisque les dédoublements de la Troupe en 1944, puis de la Meute en 1947 furent décidés et réalisés avec succès.(Note du Webmaster : les troupes Jacques Dame et Jacques Magnée, les meutes Seeonee et Waigunga) Conclusion Tout ceci nest quun bref aperçu dune entreprise de trente ans (Rappel du Webmaster : ce texte remonte à 1949); mais nous savons que chacun de ceux qui le liront pourront recréer lhistoire de leur aventure personnelle dans le scoutisme, quils retrouveront les mille souvenirs quils en ont gardés, leurs enchantements, leurs amitiés, leurs efforts, leur tenderfoot, leurs C.P., leurs aumôniers et leurs chefs, leur première nuit de camp, les feux quils allumaient et égayaient tous les soirs, les levers dans le soleil, la pluie, la brume ou la neige, la messe au camp et leurs prières fraternelles, le chant des adieux à la fin des camps ou autour des tombes de ceux qui étaient déjà rentrés à la Maison, leur Promesse enfin. Tous ces souvenirs forment lhistoire de la Première Unité Roi Albert, lhistoire commune de la troupe et lhistoire personnelle de chacun dentre nous, tant il est vrai que le scoutisme nous a pris complètement et imprégnés jusquau fond de nous-mêmes ; à nous de dire, chacun en ce qui nous concerne, si cette histoire fut réellement une belle histoire. Et vous, petits frères scouts, à qui incombe la tâche de conduire lUnité jusquà un nouveau terme, de faire votre vie selon votre Loi et votre Promesse, ouvrez tout grands vos yeux, vos oreilles, votre esprit et votre cur pour que dans trente ans vous ayez gardé à vos souvenirs toute leur fraîcheur et à votre âme, son bel enthousiasme daujourdhui. " Le Staff d'Unité, 1949 |
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(*) Par un curieux détour de l'Histoire, l'Unité a pour Aumônier depuis plus de dix ans à l'heure où ces lignes sont écrites (en 2003), le père François PHILIPS sj (Faon ordonné, un ancien "Ardent de Saint-Michel"), dont la maman est la soeur... du père STEVENS sj ! Bon sang ne peut mentir : "le père Faon" laissera lui aussi son empreinte à la Première ! Le Gardien des Légendes |
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Auteur de ces lignes, Jean QUERIAT Senior,
totémisé "LOUP" (sans quatificatif) est né le 14.11.1912. Il a dix-neuf ans
sur cette photo, prise un jour de grand froid expliquant ce lourd loden. Il y a lieu de noter que les photos illustrant ce texte ont aimablement été offertes à l'Unité par Jean QUERIAT Senior lui-même, à l'exception de celle de la Troupe Roi Albert dans la cour du "vieux" Collège en 1919, que nous a confiée Pierre DAMAS. Du foulard vert
Tel le Phénix...
Depuis sa fondation survenue en 1919, à linitiative du
Révérend Père DESCAMPE et des Chefs Raoul PARENT et René MOUREAUX
(professeur au Collège), lactivité, pour ne pas dire lexistence de la Troupe
Roi Albert, première troupe du District de Charleroi, na été interrompue
totalement quen 1924. La Troupe en 1919 Faire renaître une Troupe nest pas chose aisée dans un Collège
où, à cette époque, beaucoup de Pères sont hostiles au scoutisme. Que peut apporter,
croient-ils et déclarent-ils, un mouvement dont le fondateur Baden-Powell est protestant,
et dont laction ne peut que tendre, par ses méthodes, à ruiner lesprit de
famille? Camp de Namur, 1925 En mai 1925, la patrouille des LYNX voit le jour. Les réunions ordinaires se tiennent au
Collège le mardi après quatre heures et le dimanche matin. Les «sorties» ont lieu le
plus souvent dans les bois, dun seul tenant, de LOVERVAL et de NALINNES qui, à
cette époque, ne sont nullement urbanisés.
En début de soirée, les trois patrouilles sont chez elles. Chacune est logée dans une
tente ronde, à simple toit, de larmée américaine. Les couchettes sont posées
comme les rayons dune roue dont le moyeu serait le mât central de la tente. Chaque
scout dispose dune paillasse rembourrée de paille, dune couverture cousue en
sac («sac à viande»), et dune seconde couverture. Loreiller est le sac à
dos (sacs à poil de vache, récupération de larmée allemande). Les staffs
individuels sont plantés en faisceau devant les tentes. (Note du Webmaster : par "staff", entendre "bâton de marche") La messe est célébrée chaque matin par le Père DUPIERREUX, dans une chapelle néogothique, encore existante aujourdhui à mi-côte de la route conduisant au village. Feu de camp, si chaud, si bon ...
Le feu de camp journalier a lieu dans une clairière voisine. On y brûle chaque soir, en
plus du bois mort rassemblé, un jeune épicéa de plusieurs mètres, abattu spécialement
sur les indications du garde forestier qui manifeste à l'égard de la troupe une active
sympathie. Le feu de camp, tant attendu chaque soir, était une véritable cérémonie qui procédait de ses rites propres. Larrivée des patrouilles se faisait dans le plus profond silence. La mise à feu navait lieu quaprès le rassemblement complet. Le feu, comme tel, était respecté : aucune substance autre que le bois ne pouvait sy consumer. La tenue était rigoureuse, chacun senfouissant dans une couverture ceinturée à la taille et fermée au cou, et portant sur la tête, noué sur le front, le foulard vert qui, en ce temps-là, avait été adopté par la plupart des Troupes.
Adieu Emile...
NOEL 1925 : la fête traditionnelle a joyeusement commencé. La Troupe est rassemblée
dans la salle de gymnastique du Collège où des jeux sont organisés avant la veillée.
Cest lassistant Emile RENARD qui les dirige. Un nouveau jeu est en cours,
auquel je ne participe pas, je ne sais plus pour quelle raison. Les scouts, les yeux
bandés, doivent se saisir du chef de jeu qui se déplace da la salle en faisant tinter
une clochette quil porte autour du cou.
Camp de Maredsous PAQUES 1926 : une troupe entière, à vélo, part pour Maredsous pour un camp dune courte semaine. Lendroit où se rassemblent les trois patrouilles est toujours repérable aujourdhui. Cétait une prairie, située à langle de la route passant devant lHostellerie dEmmaüs et celle rejoignant lAbbaye de MAREDRET. Elle était entourée darbres protégeant ainsi des regards des rares passants de cette route déserte. Lendroit est actuellement une propriété bâtie. Philippe DULAIT dirige le camp. Pour la première fois apparaît à la Troupe le Père VAN KEERBERGHEN qui a accepté de seconder le Père STEVENS dans la charge daumônier de camp. Le Père VAN KEERBERGHEN avait été naguère un contempteur du scoutisme dont il avait combattu les méthodes et laction en critiquant sévèrement un des livres de base du scoutisme catholique : «Le Scoutisme» (du R.P. SEVIN s.j., Aumônier Général des Scouts de France). Cétait donc quelquun à convertir. Je crois que ce fut fait, et bien fait, à MAREDSOUS. En tous cas, le Père VAN KEERBERGHEN succéda bientôt au Père STEVENS qui devait nous qui devait nous quitter en 1926.
Ce qui mest resté de ce camp, cest essentiellement le souvenir de ce Père
qui découvrait le Scoutisme en vivant son premier camp parmi les scouts. Sa gentillesse
était extrême, et sa cordialité lui attirait la sympathie de tous. Il savait parler aux
jeunes que nous étions, avec simplicité, des choses les plus profondes; on pouvait sans
réserve se confier à lui. 1926 : GROENENBERG, ANVERS, ORVAL... AOUT 1926: Le Père STEVENS a quitté CHARLEROI en laissant le souvenir dun être
dexception dont la vigueur de corps et desprit a marqué profondément la
Troupe renaissante. En moins de deux ans, aidé de chefs remarquables, il avait installé
sur des bases définitives une Troupe qui bientôt se transformerait en une grande Unité,
capable de fournir de nombreux chefs, fondateurs eux-mêmes dUnités nouvelles dans
le Bassin de CHARLEROI. Pierre GOLENVAUX La propriété appartient au Commissaire Fédéral Valentin BRIFAUT. Le parc
est vaste et splendide. Les tentes (toujours les tentes rondes) sont montées dans une
prairie où pullulent les lapins. Valentin BRIFAUT participe à linstallation. Dans
la cinquantaine de son âge, il est impressionnant de dignité et dautorité
bienveillante. Il a une longue expérience des mouvements de jeunesse : au début du
siècle, il fut un des dirigeants des Jeunes Gardes Catholiques. Cest, par ailleurs,
un homme de haute culture. Rapidement, il prend la Troupe en affection. KIWUNDIGA
PAQUES 1927 : les trois patrouilles se retrouvent à GODINNE. Pierre VAN GEERSDAELE les
conduit. Le Père VAN KEERBERGHEN a quitté le Collège de Charleroi pour celui de Mons
où il poursuit son action comme aumônier de la troupe St Stanislas. Le Père VAN
CUTSEM le remplace. Ce nest pas manquer à la mémoire de celui-ci de dire
que, comparé à ses deux prédécesseurs qui étaient la distinction personnifiée, le
Père VAN CUTSEM faisait un peu figure dun ours bien léché. Il avait de cet animal
bien sympathique, la candeur et la bonhomie, mais aussi parfois - disons rarement - le
coup de patte assassin. Il parlait franc et agissait rudement, mais toujours de manière
efficace. Cest lui qui apporta à la Troupe, cadeau de son frère missionnaire au
Congo Belge, la célèbre KIWUNDIGA, disparue aujourdhui selon mon petit-fils.
Cétait un instrument dappel, sorte de trompe en bois munie dune
embouchure latérale dans laquelle on soufflait. Elle résonnait gravement chaque matin et
réveillait, avec nous, la forêt entière. Pelles, pioches, brouettes...
Au mois daoût de la même année, Pierre VAN GEERSDAELE et le Père VAN CUTSEM
conduisaient la Troupe à lAbbaye dORVAL. Le camp est installé à
lentrée des ruines, à lopposé de la Fontaine Mathilde.
1928, la parenthèse... 1928 fut pour moi une année noire : pas de camp, pour raison de santé déficiente. Je nétais donc pas au BRULY à Pâques, ni à CHARNEUSE en août. Je peux cependant rappeler que cest au camp du BRULY, dirigé par Hubert DULAIT, que Pierre CAMBIER prit contact avec le scoutisme. Il occupera par la suite la place que lon sait dans le développement du mouvement scout en Belgique.
Rostro dAquila Au deuxième jour de notre présence à Rome, une grande manifestation est organisée dans je ne sais plus quel haut lieu, où la J.C. belge doit rencontrer la J.C. italienne. Parmi les représentants de cette dernière, quelques balilas sur fond noir mais aussi des anciens scouts, encore sous le coup de labolition du mouvement scout italien par le pouvoir fasciste. Notre insigne nous fait repérer et nous entrons en contact avec eux : lun deux parle français. Le lendemain soir, nous nous retrouvons, Robert BORN, Jules LEONARD et moi, à une réunion scoute clandestine dans un palais de la famille des Princes COLONNA. Nos amis italiens ont revêtu luniforme. Cest à cette occasion que des liens sont noués avec Mimo MADDALENA (Rostro dAquila) qui campera bientôt avec nous à AGIMONT en août 1929. Le camp dAGIMONT au château de la famille PUISSANT sera le dernier camp de troupe de Pierre VAN GEERSDAELE. Le Père FREDERIC en était laumônier attitré. Il était secondé par le Père REUMONT. Hubert DULAIT était assistant. Le Père FREDERIC commençait là une carrière daumônier de troupes et de meutes qui ne devait se terminer quaux abords de lannée 1970. Il exercera cette fonction dune admirable manière, notamment à JUMET où bien des familles gardent encore de lui un souvenir marquant, dû à sa bonté profonde et à sa bienveillance. Le Père REUMONT, quant à lui, ne fit que passer chez les scouts. Il en marqua néanmoins plusieurs par son esprit, et son prestige dauthentique ancien combattant. La présence de Mimo MADDALENA donne au camp un caractère particulier. Sa forte personnalité transforme les feux de camp en fête italienne. De sa voix rocailleuse il apprend aux patrouilles à chanter «Santa Lucia» et «La fiesta de Maestro Andrea». Quelques années plus tard, Mimo entrera dans la Compagnie de Jésus. ORVAL (suite) En septembre 1929, plusieurs scouts qui avaient campé à ORVAL en 1927 retournent à
lAbbaye pour y poursuivre les travaux de déblaiement. Ils font désormais partie du
Clan. Hubert DULAIT entraîne léquipe qui sinstalle sur une terrasse, à
lOuest des ruines. Dans mon souvenir, jy vois : Raymond VAN BREUSEGHEM, Albert
DE THAYE, Henri et Albert GAILLY, Joseph FONTAINE, Emile LEFEVRE, Raymond
BEUDELS.
Dix ans ont passé depuis la fondation primitive de la Troupe Roi Albert, et cinq ans
depuis sa résurrection en 1925. La nouvelle décennie commencera tristement : le 27
janvier 1930, Hubert DULAIT meurt à Bruxelles. Il sera inhumé le 31 janvier au
cimetière de Mont-sur-Marchienne en présence de la Troupe en pleurs.
Hubert DULAIT Hubert à Lourdes |
1929-1934 Le "Crocodile", Richard DE SMET sj, a été missionnaire en Inde pendant un demi-siècle. Les cinq ans qu'il a passés à la Troupe Roi Albert, et sa profonde amitié pour l'Okapi bourrasque, vp Albert DETON, son "alter ego", l'ont marqué jusqu'à la fin de ses jours. Lors de ses séjours en Belgique à la fin de sa vie, il partageait volontiers ses souvenirs et a bien voulu rédiger les lignes ci-dessous, témoins d'une mémoire remarquable dont il a eu plaisir à nous offrir le fruit, pour que vive le feu auquel les Scouts ont mis la flamme... Le cheval de B.P.
Lorsque lUnité Roi Albert (Chef : Pierre VAN GEERSDAELE) maccueillit en 1929,
elle ne comptait quune troupe de quatre patrouilles (Loups, Renards, Lynx, Cigognes)
et un petit nombre de Routiers. Ce nest quen 1931 que ceux-ci formèrent le
Clan de la Pioche (Premier chef : Joseph FONTAINE), ainsi appelé en souvenir de leur déblaiement des souterrains de labbaye dOrval.
Jentrai chez les Cigognes, dont le C.P. était lextrêmement gentil José
CASTAGNE, et le second Jules RENCHON, futur aumônier des bateliers. Je serais ensuite
muté à la nouvelle patrouille des Écureuils, avec José comme C.P. auquel
succéderaient Franz NOKERMAN (Mésange souriante)(Note du Gardien des Légendes : il y a ici confusion entre Ecureuil ingénieux, vp Franz NOKERMAN, et Mésange souriante, vp Jean HENRARD : voir le deuxième post-criptum en fin de texte) puis André MASSINGER (Rossignol
poète), Charles STRANARD et André STRIMELLE. (Voir N.B. en fin de texteLa troupe était encore toute rayonnante de
la participation de Robert BORN, Jules LÉONARD et Robert BRACQ au Jamboree international
de Birkenhead et de leur souvenir de Baden-Powell mais surtout de son cheval qui avait mis
son pied dans leur marmite à soupe. Ils avaient rapporté de là pour leur patrouille des
Lynx des écharpes que leurs scouts chérissaient. Les mêmes plus Jean QUÉRIAT avaient
aussi participé au pèlerinage à Rome de lACJB (Action Catholique de la Jeunesse
Belge) et avaient eu des contacts avec des scouts italiens (clandestins sous Mussolini),
en particulier avec Mimo MADDALENA au profil daigle (doù son totem «Rostro
dAquila») quils avaient invité à leur prochain camp (à Agimont) et qui
resterait lié à la Troupe. On parlait aussi beaucoup du camp fait à Pâques 29 à
Chiny, du Jamboree national de Pentecôte à Anvers,
quavait précédé un petit camp chez le commissaire national Valentin BRIFFAUT. En été, la Troupe avait fait à Agimont un camp qui
leur restait aussi fort mémorable. Premières joies scoutes Bientôt, ce fut le plaisir des jeux dirigés avec brio par les assistants Jean QUÉRIAT, Maurice PETIT, et surtout le spitant Raymond VAN BREUSEGHEM sous loeil souriant du père Charles HENROZ, lémerveillement du feu de camp de Noël, la construction (qui allait se prolonger au cours de plusieurs années) de quatre coins de patrouille et du coin des Sachems dans le grenier du Collège, lentrée à la Troupe de mes compagnons de classe Albert DETON, André MASSINGER, puis de Jean HENRARD et André STRIMELLE, et enfin mon premier camp à Acoz chez le baron Octave PIRMEZ. Jy eus ma première expérience des grands jeux, du woodcraft, et des feux du soir où se révélaient les gardiens des légendes et où la voix chaude de Jean QUÉRIAT chantant «Jaime le son du cor» ou «Belle nuit» nous ravissait. Dès lallumage du feu commençait une sorte de liturgie qui nous faisait passer du comique à lamusant, puis au grave et finalement au religieux avec le «Cantique des Patrouilles» et la bénédiction finale par laumônier. Sy ajouta une fois après une heure de sommeil un jeu de nuit qui nous réveilla en sursaut mais qui se termina par une surprise finale, du cacao chaud préparé par les sachems sur les braises dune meule de foin quils avaient allumée pour nous faire croire à un incendie du château quil nous faudrait aider à éteindre.Le camp dété de 1930 fut à Profondeville chez le frère de notre aumônier. Ce dernier fut souvent lobjet amusé dun chant composé par R. VAN BREUSEGHEM sur lair très populaire alors d«Avoir un bon copain». Son compagnon daumônerie, le père PALMERS qui sextasiait constamment, fut totémisé «Ramier superbe». Le bébé de Lindbergh
Mais cest surtout le camp de Pâques 1931 à BOUSSU-en-FAGNE qui fut mémorable non
seulement par sa neige, mais surtout par un tour que nous joua Robert BORN, le Renne
nomade, devenu notre Chef de Troupe. Des sachems dévoués
Ce tour fut trouvé si bon par le Serpent à Coulisses (Robert BRACQ) quil le
répéta à un des premiers camps de la Sixième quil venait de fonder à Jumet avec
des fils de mineurs. Il y avait déjà plusieurs troupes paroissiales (à la Ville Haute,
la Broucheterre, Monceau, Marcinelle), mais elle fut la première troupe vraiment
ouvrière. Elle inspira la fondation de plusieurs troupes semblables, même dans
dautres provinces, spécialement sous linfluence du père
René DEBAUCHE que linitiative du Serpent avait définitivement conquis. On sait
par ailleurs la prolifération multiforme de la Sixième sous limpulsion continue de
celui qui devint magistrat, puis le Baron BRACQ et de son épouse et bras droit,
Moustique. (Note du Webmaster : Serpent fut aussi Commissaire Fédéral à la FSC) Journaliste et cuistot
Cest sans doute en 31 que parut le premier numéro du «Trait dUnion»,
la revue plus ou moins bimensuelle que les grands produisaient à lencre violette
sur un bac de pâte à polycopier et à laquelle nous étions tous invités à collaborer
par des articles, des rapports de camp, des poèmes, des dessins, des recettes de
bricolage ou des devinettes et autres choses amusantes. (Note du Webmaster : plus tard il y eut "La Flamme" puis "En Avant, Première !") Mon premier article y fut sur la
Lesse, la rivière de mon enfance à Redu dont je gardais la nostalgie. C.P. f.f.
Jamblinne fut suivi à Pâques 1933 de Féroul puis à la Pentecôte dun rallye
provincial entre Gozée et Mont-sur-Marchienne (Ndlr : voir photo ci-dessous avec, à
gauche, André MASSINGER, et au centre, de profil, Richard DE SMET. La photo est de Jules
LÉONARD). Nous ny gagnâmes pas la compétition la plus difficile : à partir
dune seule bûche bien dure, réussir les premiers à allumer un feu qui brûlerait
une corde à quelque 60cm de hauteur. En été nous campâmes à Assenois. Je remplaçai
notre C.P. empéché dy venir et cette responsabilité épanouissait mon
adolescence. Jinventai le cri : «WakAssenois-Wiki-Waki-Wou (rapide) O Waki
Wou (lent)» Naissance des Chevreuils En septembre 1933, on me confia une nouvelle patrouille, les Chevreuils, après que je naie pu obtenir des autorités du Collège de pouvoir y fonder une meute de Louveteaux. Jean HENRARD, avec comme aumônier le R.P. Joseph MASSON s.j. serait plus heureux deux ans plus tard. La patrouille des Chevreuils répondait aux besoins de garçons qui, comme Louis et Jean MARLIER, habitaient trop loin pour pouvoir prendre part aux réunions normales. Nous nous réunissions donc à des jours différents, mais aux vacances nous campions avec la Troupe. La première fois, ce fut à Arville Du Pape aux oies... Mais dabord, à Pâques 1934, il y eut un grand pèlerinage scout à Rome (via le lac des Quatre Cantons, Kandersteg, Milan, Assise) où plus de 600 scouts belges furent reçus par le pape Pie XI. Les quatre C.P. rhétoriciens (André MASSINGER le Rossignol, Albert DETON lOkapi, René GERMEAU la Mouette, et Richard DE SMET le Crocodile) y prirent part. Ils en revinrent avec des chéchias de balillas fascistes (mais après avoir fraternisé avec des scouts italiens de la clandestinité) coiffés desquels ils firent une arrivée tardive mais remarquée au camp dArville. Leur professeur, le père René DEBAUCHE le Canard, y vint deux jours plus tard. Les patrouilles y déployèrent une imagination renouvelée pour préparer des numéros de feu de camp inattendus et de haute qualité. Il leur fallut aussi trouver comment on tue une oie le jour où le Renne nous surprit au rassemblement du matin en distribuant à chaque C.P. un sac contenant une oie vivante pour notre dîner. Avec lintendant Jean QUÉRIAT il regarda ensuite de son air narquois les scènes tragi-comiques qui sensuivirent. Le Bison sans bosse (Jules LÉONARD) les immortalisait en photos excellentes. Le temps fut splendide. Lambiance était formidable. Les Chevreuils (par désir de les encourager?) furent déclarés gagnants. Pendant ce camp nous nous étions tous mis par fantaisie à parler petit nègre, et il nous fallut quelques temps pour retrouver lusage dun français normal à notre rentrée au Collège. En juillet, Mirwart fut notre camp sommet. Nous avions planté nos tentes dans la vallée encaissée de la Lomme dominée de très haut par le village. Au moment du ravitaillement, les grosses mouches à viande avides de déposer leurs oeufs sur des chairs fraîches nous forçaient à frire immédiatement nos rations de viande. Les sangliers nous visitaient la nuit. Mais la rivière nous invitait à des baignades joyeuses, les feux de camp se déroulaient sous un ciel de velours noir criblé détoiles que nous quittions silencieux, hantés par le beau chant à la «Vierge de Lumière» et le dernier vers du Cantique des Patrouilles : «Bénis-les, ô Jésus dans les Cieux!». Adieu, Redu... Après avoir replié nos tentes et supprimé toute trace de notre séjour, chaque patrouille quitta Mirwart pour un hike dans une direction différente. Je menai les Chevreuils vers Redu. Après avoir dormi à la Barrière de Transinne, je promis de leur faire voir ma maison ancestrale de Redu où nous navions pu arriver la veille. Bientôt, nous eûmes léglise en vue puis nous tournâmes à sa droite vers le tilleul centenaire mais alors, stupeur, je ne pus leur montrer que des ruines fumantes : la maison Compère, quatre fois centenaire, avait brûlé la nuit-même avec toutes ses pièces den bas et ses chambres, son toit décailles dardoise, son fournil, ses écuries, son bûcher et sa grange. Mais pour moi, cette perte était symbolique : javais déjà opté pour la vie de jésuite et le renoncement quelle exigerait. Futurs Jésuites... Les autres C.P. avaient fait de même mais avant dentrer au Noviciat de la Compagnie de Jésus à Arlon (*), nous avions décidé de visiter à vélo avec le Bison les plus belles cathédrales de France, les châteaux de la Loire, et Paris. Mais le temps était court. Nous prîmes le train jusquà
Amiens, puis le vélo jusquà Beauvais, Chartres, et Tours. Nous dormions dans les
granges ou à la belle étoile. Les pommiers qui bordaient alors beaucoup de routes de
France nous rafraîchissaient de leurs fruits juteux. Je fis une chute plutôt grave mais
qui ne nous retarda pas. A Tours, un car touristique nous mena de château admirable à
château plus admirable encore. Puis ce fut Paris, gagné par train; nous logions à
Asnières chez des parents du père DEBAUCHE et nous parcourions Paris par métro ou à
pied. Richard DE SMET, s.j. (*) Des quatre, seul Crocodile est devenu jésuite :
Ecureuil ingénieux |
Qui donc rassemblera A la demande du Père Faon, le Père Philippe DE SCHUYTENEER sj, qui a prononcé l'homélie aux funérailles du Père Gaspard NAVEZ sj, évoque ici ses souvenirs de la fondation de la Meute de l'Unité. En revenant du grand camp 2004, je trouve une écorce du Père Faon. C’était, pour ma Troupe, l’année du camp volant à l’étranger et je revenais, fourbu, desséché, mais entier, des Pyrénées espagnoles. Le Faon me demande de me tordre la mémoire pour évoquer la naissance, jadis, d’une meute, à la 1ère Charleroi. lko wapi ! comme je dirai plus tard en Afrique. Flup Dechuyteneer s.j. (*) Note du Gardien des Légendes : pour la petite histoire, la soeur de Jean HENRARD, premier Akéla de la Première, Geneviève, a épousé Jean QUERIAT. Leurs fils Pierre et Bernard ont été respectivement Akéla de la Seeonee et C.T. de la Jacques Magnée. Les fils de Bernard : Etienne, Jean, et Marc, ont eux aussi "scouté" activement à la Première... |
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Liste des Chefs d'Unité
de la Première, des origines à nos jours Pierre VAN GEERSDAELE (Pie électrique) de
1931 à 1937 |
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